L’université dans le territoire [2014-15]

Un chapitre du rapport d’activités 2014-2015 de la présidence, (voir le texte complet en PDF ici.)

COMUE Lille Nord de France

Structuration

Les statuts

Chaque établissement a mené un processus de consultation interne et voté les statuts de la COMUE. Malgré un avis défavorable du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER), ces derniers ont été adoptés par décret du 26 août 2015 publié au Journal officiel du 28 août 2015, avec entrée en vigueur du texte le 1er septembre 2015.

La gouvernance

La gouvernance de la COMUE est collégiale. Le conseil d’administration (59 membres) est composé pour moitié de membres institutionnels (universités, écoles, organismes, collectivités territoriales) et pour l’autre moitié de membres élus au suffrage direct par les collèges électoraux des établissements membres. Les listes sont constituées de manière à représenter 75% des membres de la communauté. Le conseil d’administration détient le pouvoir décisionnel. Les décisions sont préparées par le conseil académique et par le conseil des membres.

Les 30 représentant-e-s des personnels et étudiant-e-s au conseil d’administration de la COMUE ont été élu-e-s le 19 novembre 2015. L’élection du Président de la COMUE est prévue le 1er février 2016.

Les compétences

Le contrat de site de la COMUE a été signé le 20 juillet 2015. Il précise notamment les compétences transférées, qui sont celles de l’Espé (formation des maîtres) et du collège doctoral. Les autres missions de la COMUE sont des missions d’accompagnement des établissements, sans remise en cause des compétences de ces derniers. De par la loi, les COMUE sont chargées de la coordination de l’offre de formation, sans qu’il soit question de se substituer aux établissements.

L’accueil de l’Espé par la COMUE pose la question de la gestion des emplois, du budget et de la masse salariale. Cela passe par les compétences élargies. Dans ce cadre, la COMUE Lille Nord de France sera la première COMUE à passer aux RCE, à titre expérimental. En intégrant l’Espé, la COMUE passera de 30 à plus de 400 emplois.

Actions menées

Constitution de réseaux thématiques de recherche

La COMUE a permis de coordonner les démarches des universités lilloises avec les autres établissements dans le cadre des grands schémas stratégiques. Plusieurs projets ont ainsi été obtenus dans le cadre du contrat de plan État-région (CPER) 2015-2020, notamment les CPER Isi-MESHS, MAUVE sur la culture numérique (voir le chapitre « Recherche »). Ces projets en sciences humaines et sociales, qui faisaient partie des priorités définies par le bureau de la COMUE mais n’avaient pas été préalablement retenus dans les négociations entre l’Etat et la Région, ont pu être financés grâce à l’insistance du bureau sur le rôle qu’il devait jouer dans la définition de la stratégie régionale en matière de recherche.

Des représentants de la COMUE sont par ailleurs associés aux réseaux thématiques de recherche, dits domaines d’activités stratégiques (DAS), initiés par le Conseil régional. Ces DAS permettent de concentrer l’action de développement économique de la région sur un certain nombre de domaines qu’elle souhaite promouvoir (transports et éco-mobilité ; santé et alimentation ; ubiquitaire et Internet des objets ; chimie, matériaux et recyclage ; images numériques et industries créatives ; énergie et un axe transversal : environnement).

Le fait d’associer davantage les universités aux DAS permet de créer des synergies entre les stratégies recherche des universités (écoles et organismes) et les stratégies d’innovation des entreprises de la région. Cette association “amont” des universités aux dispositifs régionaux s’applique également aux actions d’innovation régionale pour la recherche (AIRR).

Construction d’une carte régionale de l’offre de formation

Le comité de pilotage, composé des six vices-président(e)s CFVU, a pour mission principale la construction d’une carte régionale de l’offre de formation en Nord-Pas de Calais.

Il s’agit notamment de renforcer la lisibilité de l’offre de formation pour les étudiant-e-s et les professionnel-le-s (simplification des intitulés, valorisation des compétences acquises), de structurer les programmes permettant la mobilité des étudiant-e-s (choix et construction d’un parcours d’études), de valoriser les outils communs (orientation, dispositifs de réussite, modules d’enseignements transversaux : PEC, enseignement des langues, stage, etc.) ou encore de co-accréditer des masters pour une même mention.

L’Espé

Voir ci-dessus (chapitre « Formation tout au long de la vie »).

Définition d’une politique coordonnée de la vie étudiante

Le code de l’éducation prévoit que la COMUE élabore un schéma directeur de la vie étudiante, avec le réseau des Œuvres Universitaires et Scolaires et en associant l’ensemble des établissements partenaires.

Plusieurs points sont à l’étude, tels que le développement et l’amélioration de l’emploi étudiant (mise en place des rythmes et des modes d’enseignement adaptés au salariat étudiant, diversification des activités extra-universitaires, etc.), la simplification des démarches pour l’étudiant-e et sa famille, qu’il ou elle soit français-e ou étranger-e (création d’un guichet unique, possibilité de logement temporaire pour s’adapter aux rythmes de vie de l’étudiant-e, stages, etc.).

Le schéma directeur de la vie étudiante devra être soumis aux conseils des établissements partenaires d’ici juin 2016, avec une mise en œuvre des actions dès septembre 2016.

Entrepreneuriat

Le Pôle Étudiant Pour l’Innovation Transfert Entrepreneuriat (PEPITE) Lille Nord de France est porté par la COMUE (et coordonné par la Maison de l’Entrepreneuriat) ; c’est donc dans ce cadre que sont discutées les actions transversales dans le domaine de l’entrepreneuriat étudiant. La coordination politique en est assurée par la présidente de l’UdL-SHS et la coordination opérationnelle par un « mini-bureau », composé de la même présidente, de la représentante des VP CFVU des 6 universités, d’une chercheure spécialisée dans la recherche sur l’entrepreneuriat étudiant et de la référente D2E (diplôme étudiant entrepreneur).

L’année 2014-2015 a été largement occupée par la mise en place, conformément à la loi, du statut étudiant entrepreneur (S2E) et du D2E (coordonné au sein de la COMUE, mais mis en œuvre et porté, comme toute formation, par chaque établissement). La maquette du D2E a été présentée en CFVU des établissements et au CA. La Maison de l’entrepreneuriat a prévu plusieurs groupes de travail portant, entre autres, sur la sensibilisation des personnels, le tutorat, l’harmonisation du D2E.

D’autres actions, impliquant largement, comme le S2E, les Hubhouses seront prioritairement menées en 2016, qui concernent l’entrepreneuriat au féminin, l’Espé et le dépôt d’un interreg en partenariat avec l’Université de Mons, l’UCL Mons et l’université de Gand, notamment autour du doctorat, des mobilités interfrontalières (stages, apprentissage) et de l’insertion professionnelle.

Émergence d’un campus numérique

La politique numérique émerge progressivement à la COMUE et devrait à terme se substituer à l’Université numérique en région. La COMUE est partenaire du groupement d’intérêt public FUN-MOOC destiné à promouvoir le numérique dans les formations. Une réponse à l’appel à projet e-FRAN, qui soutient des initiatives dans le domaine du numérique éducatif, validées scientifiquement, est à l’étude.

Accompagnement au développement des campus durables

Le pilotage commun a permis de développer des approches collaboratives sur un certain nombre de projets, avec pour objectifs de :

  • Réduire l’empreinte énergétique et les émissions de polluants liés aux déplacements, lutter contre les inégalités liées aux moyens de transport et améliorer l’attractivité des établissements (projet « Mobilités urbaines campus régionaux », mené avec l’assistance de la DREAL Nord Picardie et du CEREMA, en partenariat avec les acteurs locaux en charge des politiques publiques de transport, des questions climatiques et énergétiques). Un partenariat vient d’ailleurs d’être initié avec le Bureau des temps de la Métropole Européenne de Lille pour développer des expérimentations concrètes dès la rentrée de septembre 2016, et dans les années qui suivront (par exemple par la mise en place du télétravail et des espaces de coworking).
  • Définir des objectifs communs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) (projet « Bilan des Émissions de GES » − BEGES : en cours de réalisation, il fait suite au Bilan Carbone © de 2012). Il devrait permettre de valider un plan d’actions commun à l’échelle régionale.

Université de Lille

Structuration

La construction de l’établissement unique entraînera nécessairement de profondes modifications dans la structuration et l’organisation des liens entre instances centrales et composantes. L’objectif n’est pas de juxtaposer l’existant, mais de s’engager dans la recomposition des structures internes propres aux trois établissements.

La structuration de l’Université de Lille s’appuiera sur les deux piliers que sont la composante et l’unité de recherche et s’organisera sur deux niveaux : le central (équipe de direction et instances centrales comme “briques stratégiques”) et les UFR et laboratoires (comme “briques composantes”). L’organisation en collegium n’est pas retenue. Il est prévu d’associer les directeurs de composantes aux travaux de direction lors d’une réunion mensuelle.

Les principes de structuration et les engagements pris pour mener la fusion dans les meilleures conditions de collégialité, de transparence, dans le respect des personnels et pour la réussite étudiante ont été présentés au Comité stratégique, puis votés fin 2015 par les Comités techniques et les Conseils d’administration des 3 établissements de l’université de Lille. Un organigramme cible proposant une première ébauche, à discuter, de l’organisation de l’Université de Lille a également été présenté (voir le n°5 de notre bulletin d’information Université de Lille).

Un contrat commun Université de Lille

Les 3 universités composant l’université de Lille ont demandé au Ministère, dès janvier 2015, de pouvoir présenter un contrat de site commun, qui ne soit pas l’addition de la stratégie de chaque établissement, mais bien un projet commun prenant en compte toutes les missions de l’Université. Ce principe d’un contrat commun a été accepté. C’est ainsi que le contrat de site CoMue comprend comme volet spécifique, pour le site lillois, ce contrat commun aux trois universités lilloises, qui a été signé le 20 juillet 2015.

Une convention de partenariat entre 11 acteurs de l’enseignement supérieur lillois

Les trois universités publiques et huit grandes écoles (Centrale Lille, ENSAIT, Ecole nationale supérieure d’Architecture et du Paysage de Lille, Chimie Lille, Ecole Supérieure de journalisme, Ecole des Mines de Douai, SciencesPo Lille, Télécom Lille) ont signé une convention de partenariat en juin 2015. L’ambition est de créer, dans la métropole, un des principaux sites d’enseignement supérieur et de recherche international. Sa visibilité sera assurée par la promotion du label « Université de Lille », utilisé notamment dans les publications scientifiques et pour la délivrance du doctorat. Les partenaires s’accordent aussi sur un pilotage unifié des laboratoires en cotutelle. Les synergies entre ces établissements seront renforcées, sans toutefois changer le statut des huit écoles concernées, organisées en collegium. L’accord de partenariat est conclu jusqu’à la date de fusion des trois universités lilloises ; il sera alors remplacé par un nouvel accord partenarial.

La création d’une fondation partenariale

La Fondation partenariale Université de Lille a été lancée le 4 novembre 2015. L’objectif est d’accompagner l’excellence dans la formation, la recherche, l’innovation et le transfert : cette fondation est un levier pour l’université de Lille et pour l’IdEx. Juridiquement rattachée à l’UdL-Droit et santé, elle sera transférée à l’Université de Lille en 2018.

Gouvernance

Principes directeurs

La méthode de travail du processus de fusion, présentée dès novembre 2014, repose sur un certain nombre de principes directeurs qui sont de :

  • s’appuyer sur l’expérience des autres universités fusionnées, en l’adaptant aux spécificités des sites lillois ;
  • suivre une démarche globale et progressive ;
  • faire converger certains dispositifs sans attendre la fusion ;
  • privilégier une vision pragmatique du travail qui mobilisera l’ensemble des acteurs.

Organisation

Voir le document #2, février 2015 : « Université de Lille, gouvernance et axes stratégiques », chapitre “Organisation du projet”.

Le comité stratégique Université de Lille, instance de débat et de conseil, s’est réuni pour la première fois en janvier 2015 ; il s’est réuni 3 fois (ensuite en mai et en octobre). C’est le Bureau, composés des trois présidents, qui le consulte à l’occasion de chaque étape-clé, par exemple, sur les principes fondateurs et les engagements de l’Université de Lille, les propositions de structuration administrative, etc. Il est composé de membres élus dans les conseils des universités, de personnalités extérieures et d’invités permanents (représentant les écoles partenaires et les organismes de recherche associés : CNRS, INSERM, INRIA). Par ailleurs, les comités techniques et les conseils d’administration des trois universités ont commencé à organiser des sessions communes (même si, pour le CA, elles doivent être suivies de votes séparés), afin de valider les premiers documents produits par le Comité stratégique (voir ci-dessus).

Les groupes techniques (au nombre de 22), composés des responsables de services, personnels et usagers, ont quant à eux déjà établi la cartographie des processus métiers et l’inventaire des tâches et des missions. Ce travail a permis de clarifier la terminologie et d’améliorer le niveau de connaissance réciproque. La phase suivante est enclenchée : les groupes techniques identifient les pratiques qui peuvent converger avant la fusion, et à quelle échéance (3, 6 ou 12 mois). Désormais, les services travaillent sur leurs organigrammes cibles, en visant une validation pour mi-2016. Il reste beaucoup de questions à régler, notamment sur la définition du périmètre des services − les pratiques des universités étant parfois différentes.

Les groupes politiques (au nombre de 15) ont élaboré les axes stratégiques et opérationnels du futur établissement, dans les différents domaines. Ces axes seront validés par les différentes instances.

Actions menées

Si l’année universitaire 2014-2015 se caractérise par une généralisation des grands événements sous le label “Université de Lille” (Jivé, soirée partenaires, conférence de rentrée, journées portes ouvertes, salons, Biennale handicap, etc.), on a également pu assister à une convergence progressive de certains processus et dispositifs.

Recherche

Voir notamment chapitre « Recherche » - parties « structuration de la politique de recherche » et « Simplification de la gestion et accompagnement des structurations ».

L’un des objectifs de la fusion des universités lilloises est de parvenir à une meilleure visibilité internationale de la recherche qui y est menée et donc des publications qu’elles produisent. Il fallait donc s’entendre sur une manière commune de signer les articles. Pour prendre en compte tous les cas possibles, un guide a été publié : la « charte de signature unique des publications scientifiques » [lien − GED].

Des priorités identifiées, pour une offre de formation innovante, promouvant la réussite étudiante

Cumulées, les offres de formation des trois universités seraient trop abondantes et difficilement lisibles. En outre, elles ne partagent pas toujours les mêmes règles d’organisation. C’est pourquoi l’enjeu est désormais de définir une offre plus cohérente et lisible, qui distingue l’Université de Lille au niveau européen et international. Les activités du groupe de travail politique sur la formation ont identifié trois priorités :

  • la modularisation de l’offre de formation pour la rendre accessible à tous les publics (formation tout au long de la vie),
  • l’internationalisation des formations, en s’appuyant sur un futur pôle langues Université de Lille (qui pourrait s’inspirer du pôle Lansad),
  • l’aide à la réussite, avec la reconduction et le renforcement des dispositifs (déploiement progressif dans les composantes qui jusqu’à présent n’en bénéficiaient pas, guide complet de la transversalité et des langues remis aux étudiants à la rentrée, etc.).

L’attractivité de l’Université de Lille confirmée

L’université de Lille dispose désormais d’un réseau professionnel : Lilagora. Le système technique utilisé par les Universités de Lille Sciences et technologie et Droit et santé a été retenu. La marque Lilagora, créée par l’UdL-SHS, mieux connue des partenaires, a été privilégiée. La plateforme devrait par ailleurs évoluer pour accueillir certaines fonctionnalités de Lilagora, tel que le ciblage des stages.

La soi­rée or­ga­ni­sée pour les partenaires de l’Université de Lille le 12 no­vembre à la Plaine Images a quant à elle permis de réunir plus de 500 entreprises. Ce fut l’oc­ca­sion pour ces partenaires de dé­cou­vrir l’en­jeu que re­pré­sente la la­bel­li­sa­tion Idex pour l’uni­ver­sité et bien au-delà, pour la ré­gion et de faire of­fi­ciel­le­ment part de leur sou­tien à la can­di­da­ture lil­loise. Mais il s’agissait aussi de resserrer les liens entre en­tre­prise et uni­ver­sité et de mon­trer com­ment le monde de l’en­tre­prise peut lui aussi tirer parti du label.

Une uniformisation progressive des systèmes d’information

L’Université de Lille-Sciences et technologie va adopter Apogée, le logiciel de gestion des inscriptions et des dossiers des étudiants qui est en place dans les deux autres universités. Cela va permettre de viser un Apogée commun aux trois établissements pour 2018. Il ne s’agit pas seulement d’agréger les systèmes. En avoir un seul, commun à tous, est une opération complexe. Pour d’autres systèmes d’information, il faudra patienter et les laisser cohabiter un certain temps. Par exemple, tous les personnels des trois universités devraient bientôt disposer d’une adresse @univ-lille.fr. En revanche, il sera beaucoup plus long de fusionner les trois systèmes de messagerie.

Le travail mené sur l’Université de Lille est aussi l’occasion de repenser le système d’information. Cette remise à plat sera néanmoins très progressive, les universités ne pouvant s’arrêter de fonctionner. La démarche se fera en concertation étroite avec les personnels impactés.

Un acteur incontournable de la transition énergétique et sociale en région

Dans le cadre des travaux menés en 2013 sur la Troisième révolution industrielle (TRI) en Nord-Pas de Calais, le Parlement du Savoir a proposé que les universités régionales s’engagent dans le projet « Université zéro carbone » (UZC). Les trois universités lilloises ont dès l’origine soumis une feuille de route commune. Plusieurs projets (voir l’onglet “Vie campus - PACTE” ) ont été soumis au Conseil régional. Le modèle de financement reste à déterminer.

Un autre projet, le PACTE (Penser, agir, construire pour la transition écologique), impulsé par l’Université de Lille- Sciences et technologies, vient d’être élargi aux deux autres universités lilloises. Ce dispositif se donne pour objectifs de structurer, coordonner et développer toutes les actions et innovations menées par l’université de Lille dans le domaine du développement durable, notamment en termes de formation et de recherche. Une quinzaine de projets sont en cours. Dans ce cadre a été notamment organisé un cycle de conférences labellisé COP21 et la charte d’engagement climat devrait prochainement être signée. Un plan d’action visant à baisser les émissions de gaz à effet de serre et la consommation énergétique est en cours de rédaction.

IdEx Université de Lille

L’objectif des IDEX est clairement fixé par le Commissariat général à l’investissement (CGI) : il faut doter la France d’une dizaine de grandes universités de recherche comparables aux meilleures universités du monde « pour qu’elle tienne son rang dans la compétition » internationale. À l’occasion des premiers appels à projets IDEX, huit lauréats avaient été sélectionnés : quatre à Paris, quatre en région. Lille avait présenté sa candidature à deux reprises, mais n’avait pas été retenue pour plusieurs raisons : une mauvaise définition du périmètre d’excellence, une gouvernance peu crédible et l’absence de soutiens forts des milieux politiques et économiques.

En avril 2015, le dossier IDEX Université de Lille a été pré-sélectionné par un jury international lors de la première vague du PIA 2. Le dossier de sélection a été déposé pour sa version en anglais le 22 octobre, la version en français le 26 novembre. L’audition de sélection a eu lieu le 18 janvier 2016.

Le dossier de sélection (lien GED) se décline en quatre axes :

  1. Un axe structurel autour de l’Université de Lille. IDEX et université de Lille sont liés, sans pouvoir se confondre (le projet Université de Lille est plus large que le projet IDEX). L’objectif est de figurer d’ici 10 ans parmi les 10 premières universités françaises et les 50 premières universités européennes.
  2. Un axe qui promeuve et garantisse l’excellence et la visibilité de la recherche. Il s’agit d’accompagner l’excellence actuelle et de stimuler l’émergence. L’Université de Lille est actuellement présente dans les trois grands secteurs de la recherche : la santé et les sciences du vivant, les sciences et technologies et les sciences humaines et sociales, avec des domaines déjà très visibles internationalement. La logique sera de soutenir ce périmètre d’excellence mais aussi de repérer et d’aider les projets émergents prometteurs. L’IDEX se conçoit comme une trajectoire : 30% de nos équipes de recherche se situent actuellement dans le périmètre d’excellence ; le but est de parvenir à 50%. Une partie de la dotation favorisera l’interdisciplinarité ainsi que des projets à risque, qui ne trouvent pas facilement de soutien dans le cadre des appels à projets nationaux et européens. Il s’agit pour l’université de remplir de manière optimale son rôle social, culturel et économique et de contribuer aussi au développement du territoire en matière de recherche et développement, ce qui est actuellement un point de faiblesse de la région.
  3. L’IDEX est aussi une ambition forte en matière de formation : il s’agit de devenir une université européenne de référence en matière de formation tout au long de la vie, en développant des masters du meilleur niveau international et en multipliant par deux le nombre de thèses financées (il s’agit d’un objectif colossal qui serait impossible sans l’IDEX). Il faudra également développer des pédagogies innovantes et promouvoir l’accès à la connaissance en tirant profit de l’expertise reconnue de notre site pour tout ce qui touche à la formation tout au long de la vie.
  4. Pour construire cette politique de recherche et de formation, il est nécessaire d’avoir une vraie politique de gestion des ressources humaines. Le projet IDEX pourrait le permettre : en coordonnant nos politiques de recrutement et de promotion avec les organismes associés (CNRS, INSERM, INRIA), en nous ouvrant de manière plus structurée à l’international et en favorisant une culture de reconnaissance des talents. La gouvernance de l’IDEX repose sur deux principes : la simplicité et la souplesse. Elle s’appuie sur les organes de l’université de Lille (le conseil d’administration et le conseil académique de l’université de Lille), sur un comité de pilotage qui prendra toutes les décisions sur proposition d’un bureau exécutif opérationnel, le tout sous le contrôle d’un conseil scientifique extérieur, indépendant et impartial, garantie indispensable d’un dossier de cette nature.

En cas de sélection, le projet devrait permettre de mobiliser 1,5 md€ : l’Université de Lille percevrait ainsi 15 M€ par an pendant dix ans, avant de gérer une dotation de près de 600 M€. Par un « effet levier », ces montants pourraient être doublés grâce à l’apport des collectivités territoriales et des entreprises, partenaires de l’IDEX. Les premiers appels à projets sur la recherche et l’innovation pédagogique devraient être lancés dès 2016. Le projet IDEX serait totalement opérationnel début 2017, après avoir réalisé des recrutements de haut niveau pour le structurer.

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on LinkedIn0Email this to someone

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *