Formation tout au long de la vie [2014-15]

Un chapitre du rapport d’activités 2014-2015 de la présidence, (voir le texte complet en PDF ici.)

Accréditation

Par un arrêté du 17 juin 2015, le ministère a confirmé officiellement l’accréditation de tous les diplômes de l’université (licence, master, doctorat, diplôme universitaire de technologie). Une seule formation, dont le projet doit encore mûrir, a finalement été retirée du projet (les humanités numériques). Excepté quelques cas particuliers, l’accréditation est délivrée pour cinq ans. Cette accréditation a été l’épilogue d’un long processus entamé deux ans plus tôt. La procédure a changé. Lors des contrats précédents, le ministère habilitait chacune des formations (les « parcours » − plus d’une centaine en master à l’université Lille 3 [ci-dessous UdL-SHS] par exemple). Aujourd’hui, on accrédite l’établissement, pour des mentions (une vingtaine de licences et une vingtaine de masters à l’UdL-SHS, qui regroupent tous ces parcours). La première étape est donc administrativement plus simple. La description pédagogique de ces mentions (les fiches architecture de l’offre de formation − AOF) est alors plus sommaire. Ce n’est que dans un second temps qu’équipes pédagogiques et services ont produit une modélisation fine de tous les parcours et de leur contenu.

Les ouvertures de master

Au total, l’année 2014-2015 a vu l’ouverture de quatre masters. L’un est le parcours « Psychologie et justice » (master Psychologie), sur des thématiques qui existaient jusqu’ici sous forme d’options, mais pour lesquelles les étudiants montraient beaucoup d’intérêt. Il s’agit en outre d’une voie d’insertion pour laquelle l’offre nationale est peu développée. Le master Histoire a quant à lui ouvert un parcours « Études sur la guerre et la sécurité » (EGS) avec une option qui vise entre autres les métiers de la défense ou de la police. L’UFR MIME a ouvert un master « Économie de l’entreprise et des marchés » (parcours Conseil économique pour les entreprises). Enfin, pour prendre en compte les attentes des étudiants qui se destinent à l’administration territoriale, un parcours transversal a été ouvert, commun aux masters Histoire, Lettres, Philosophie, Langues et sociétés. Un parcours (Métiers de la rédaction − master Lettres) a été fermé (à l’issue du M2, donc à la fin de l’année 2015-16). Les critères qui ont amené à cette fermeture sont un taux d’insertion insuffisant et une insertion de moindre qualité (appréciée à partir du taux d’emploi cadre, de CDI, du niveau moyen de rémunération). Un autre élément pris en compte a été la concurrence avec d’autres filières de l’université.

Master Sciences et cultures du visuel : rentrée 2016

Le master « Sciences et cultures du visuel » (SCV) ouvrira à la rentrée 2016. Il a pour objectif de former des spécialistes des sciences du visuel avec des compétences en sciences humaines et sociales. Ce master n’a pas d’équivalent au niveau national, alors que des établissements étrangers ont ouvert des formations analogues (domaine des « Visual studies »). Notre université réunit précisément les compétences attendues pour ces formations : de nombreux chercheurs de spécialités très diverses (information documentation, arts, histoire de l’art, sciences cognitives, informatique, etc.) collaborent sur ces sujets, notamment grâce à la mise en place de structures comme l’équipement d’excellence (Equipex) IrDive. Les sciences et cultures du visuel sont de plus l’un des axes majeurs de la politique de recherche de l’établissement. L’ouverture de masters novateurs et tournés vers l’international est l’un des éléments de la stratégie de l’Université de Lille, encouragé par le contexte de la candidature aux initiatives d’excellence (IdEx). Un tel master n’était pas prévu dans les nomenclatures officielles. Il y a eu un important travail d’explicitation et d’argumentation avec la direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (DGESIP) pour faire accepter sa création et nous avons fini par obtenir cette ouverture dérogatoire, qui fait de l’UdL-SHS un établissement pionnier en la matière au niveau national.

Développer l’apprentissage

À la rentrée 2015, l’université a ouvert une nouvelle formation en apprentissage, le master « Management de projets touristiques » (au sein de l’UFR Langues étrangères appliquées − LEA). Il s’ajoute aux deux formations existantes de ce type, dans le département Gestion logistique et transport de l’IUT, et le département Infocom de l’UFR Deccid (master « Communication interne et externe »).

Pourquoi développer l’apprentissage ? Parce que l’ouverture de ces formations répond à un besoin, clairement exprimé par les étudiant-e-s et les milieux économiques. Ce type de formation contribue à une démocratisation effective de l’enseignement supérieur en offrant un revenu à l’étudiant-e apprenti-e. La combinaison d’enseignements et de pratique professionnelle offre des taux d’insertion excellents, et rapides. Dès que la formation est ouverte, elle fonctionne en général. Il y a également une incitation forte de l’État à ouvrir de telles formations : le Ministère va désormais prendre en compte le nombre de formations par voie d’apprentissage pour déterminer les moyens alloués à chaque université. Enfin, de telles formations récupèrent plus facilement la taxe d’apprentissage. En revanche, la création de formations par voie d’apprentissage reste une démarche administrative lourde et onéreuse (dossier très détaillé, validations diverses, soutien des milieux économiques, adaptation des plannings universitaires, justifications financières). L’établissement veillera donc à renforcer l’accompagnement des composantes lorsqu’elles porteront ce type de projets.

La transversalité pour affiner le projet de l’étudiant

En 2013-2014, la première année du contrat d’établissement avait coïncidé avec la mise en œuvre de nouveaux enseignements transversaux, soit au sein des UE10, soit dans le cadre des modules transversaux démarrant en L2. L’année universitaire 2014-2015 a donné lieu à de premiers ajustements, que ce soit dans les contenus ou l’organisation de la transversalité à l’échelle de l’établissement. Cette orientation de notre offre, déjà importante au cours des contrats précédents, continuera d’être soutenue pour les prochaines années du contrat actuel. Elle facilite en effet l’ouverture des formations à des contenus complétant le socle disciplinaire des diplômes dispensés à l’université. La mise en œuvre de parcours transversaux en master, déjà initiée dans certains parcours, sera progressivement développée.

L’objectif pour cette année et l’année prochaine est de garantir une meilleure visibilité de ces éléments transversaux, notamment en renforçant la communication auprès des étudiants, que ce soit au sujet des UE9 (de langue), des UE10 ou des modules transversaux. Les aménagements à envisager en prévision de la rentrée prochaine seront à l’ordre du jour du dialogue des formations, qui se tiendra à l’hiver 2015-2016.

Actions pour les disciplines rares

La Présidente de l’université est le co-auteur d’un rapport sur les disciplines rares, remis en mars 2015 à la Ministre de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur et de la recherche (voir aussi l’interview sur le blog présidence .) Ce rapport propose un certain nombre de pistes pour éviter la disparition d’un certain nombre de savoirs pour lesquels les effectifs d’étudiant-e-s et d’enseignant-e-s chercheur-e-s sont faibles ou déclinent. Tout d’abord, il recommande la création, désormais entérinée par le Ministère, d’un observatoire pour disposer de données fiables sur les disciplines menacées ou émergentes. Afin de disposer d’une image fine des communautés scientifiques, un travail de recoupement des données (publications d’une part, et ressources humaines d’autre part) a commencé. Une enquête a été lancée fin octobre 2015 auprès de la communauté universitaire en arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales pour recueillir leurs réactions sur les différents types d’actions envisagées.

Au niveau européen, les représentants des recteurs de cinq pays (France, Allemagne, Pologne, la Hongrie et Pays-Bas) ont lancé une réflexion pour envisager de structurer un réseau d’observatoires nationaux des disciplines rares, ainsi que les échanges d’informations et de bonnes pratiques au niveau européen via, par exemple, une action Cost (Coopération européenne dans les sciences et technologies) d’Horizon 2020. Cette action aurait un volet stratégique, et un autre, plus technique, qui s’appuierait sur les pratiques existantes et élaborerait une méthodologie. Des propositions seront faites par ailleurs à la Direction générale de l’éducation et de la culture (DGEAC) de la Commission européenne pour qu’elle prenne davantage en compte les disciplines rares.

ESPÉ

Depuis la création de l’Espé en 2013, il a fallu, pour les personnels administratifs, les étudiant-e-s et les enseignant-e-s de l’université, s’adapter à un certain nombre de nouvelles procédures dans la gestion administrative et pédagogique des étudiant-e-s des masters « Métiers de l’enseignement de l’éducation et de la formation » (MEEF). Pour aplanir les difficultés qui ont pu se présenter, l’établissement a constamment cherché à résoudre, en concertation avec les services de l’Espé, les problèmes occasionnés par cette évolution importante du paysage universitaire régional. Les responsables de formation et les secrétariats pédagogiques ont été sollicités pour faire état auprès de la direction de l’Espé des points à améliorer, après la première année de mise en place. L’UdL-SHS veille à l’amélioration continue du dispositif de formation dans les masters MEEF et à la cohérence de l’offre dispensée à l’Espé avec les parcours de master portés par l’établissement, grâce au rôle important qu’elle joue dans les instances de l’Espé (conseils d’école et d’orientation scientifique et pédagogique). Les discussions qui sont intervenues en 2014-2015 sur le budget de projet de l’Espé ont permis de montrer la part significative de l’UdL-SHS dans la formation régionale des enseignant-e-s, part qui est pleinement reconnue dans les moyens qu’octroie le Ministère pour ces formations, et dont notre établissement demeure bénéficiaire.

Politique des langues

Ouvert depuis un peu plus d’un an, le pôle LANSAD (Langues pour spécialistes d’autres disciplines) constitue désormais un espace réunissant les compétences en apprentissage de la langue. Il a trouvé sa place au sein de l’UFR LLCE et son articulation avec le centre de ressources en langues (CRL). La politique des langues repose sur trois axes de travail prioritaires : administratif, pédagogique et formation des formateurs avec appui sur la recherche, afin de mettre en œuvre un projet cohérent, visible et reconnu.

Structuration administrative

Le pôle LANSAD, pôle transversal rattaché à l’UFR LLCE, a été lancé dès la rentrée 2014. Il assure désormais les enseignements en Licence et Master. Pour l’anglais et l’espagnol, les étudiant-e-s restent réparti-e-s par UFR, qui gère les emplois du temps et l’inscription des étudiant-e-s dans les groupes. Toutes les autres langues (22 cette année) sont gérées par le pôle LANSAD.

Accompagnement des équipes pédagogiques

Le pôle LANSAD doit faciliter la mobilisation des équipes d’enseignant-e-s autour de projets pédagogiques communs. Cela se traduit notamment par la formation des enseignant-e-s de langue, l’organisation d’ateliers d’échanges de pratiques afin de mutualiser les expériences, et le soutien à l’innovation (développement multimédia pour les langues « modimes » (« moins dites et moins enseignées »), dites “rares”, soutien au CLES…).

Renforcement du niveau de langue

La réforme des enseignements en LANSAD a été poursuivie. La progression affichée tout au long du cursus de formation de l’étudiant-e est maintenue, mais l’affichage en a été simplifié, avec un seul niveau standard à viser, basé sur les niveaux européens du CECRL (Cadre Européen Commun de Références pour les Langues).

Afin de valoriser ce niveau et de consolider la certification CLES au sein de l’établissement, un appui renforcé sur le CLES est prévu, avec l’attribution de points bonus attribués en jury pour l’UE9 du semestre pair, si le CLES est obtenu. Par ailleurs, la certification CLES 2 est demandée en fin de M2 (passation autorisée après un test de positionnement).

La réflexion pourra se poursuivre au niveau de l’Ecole Doctorale SHS afin d’assurer une montée en compétence. Un projet liant insertion professionnelle des doctorant-e-s et niveau en langue est également en cours d’élaboration. Pour faciliter le passage du CLES, des enseignant-e-s-chercheur-e-s de l’UdL-SHS (avec celle du Littoral Côte d’Opale) ont également créé un module en ligne (cf. Blog présidence, févr. 2015 ).

Articulation avec le Centre de Ressources en Langues (CRL)

Le CRL est un volet indispensable de la formation en langues, tant pour les spécialistes de LLCE que pour le secteur LANSAD. Il ne propose pas seulement des ressources en ligne, mais il est également un lieu d’échanges informels dans le cadre d’ateliers spécifiques, complémentaires à la formation en présentiel :

  • Ateliers tandem : mise en relation d’un-e étudiant-e en mobilité entrante avec un-e étudiant-e francophone pour un apprentissage basé sur la réciprocité et la coopération.
  • Ateliers télé-tandem : recours à des étudiant-e-s à distance pour enrichir le nombre d’étudiant-e-s concerné-e-s par le dispositif, en particulier en anglais.
  • Mise en place de l’UE10 mobilité, qui comporte un volet tandem/télétandem.
  • Ateliers de préparation au CLES proposés aux étudiant-e-s de Master.

La réflexion sur la politique des langues a été engagée au niveau de l’Université de Lille. Un accord sur le projet pédagogique se dessine, les objectifs étant finalement assez semblables d’un établissement à l’autre.

Insertion professionnelle

L’UDL-SHS poursuit sa politique active de partenariat avec différents secteurs professionnels. Elle a ainsi signé en 2014-2015 plusieurs conventions : avec la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (CRESS), la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA), l’Institut des métiers d’art et du patrimoine (IMAP) et la Chambre de commerce et d’industrie (CCI).

En 2014-2015, l’activité du Hubhouse s’est fortement développée. Poursuivant sa politique de sensibilisation des étudiants à l’entrepreneuriat, l’université a ainsi accueilli en novembre 2014 la journée régionale de l’entrepreneuriat.

Numérique

L’UdL-SHS a renforcé sa politique de soutien aux dépôts d’appels à projets numériques. En 2014-2015, la production de ressources pour l’enseignement a concerné principalement des projets liés aux langues. L’Université Ouverte des Humanités (UOH), portail ouvert de contenus pédagogiques, a ainsi retenu deux projets de l’université. L’un, ActuFLE, financé par l’UOH à hauteur de 8 k€, est un outil qui permet à un-e enseignant-e de construire des séquences pédagogiques à partir de vidéos. Il est basé sur l’auto-évaluation par l’étudiant-e de ses réponses à des questions ouvertes. Il est terminé et sera disponible fin 2015.

Pour les sciences du langage, l’UOH avait ouvert un financement spécifique d’environ 37k€. Le projet de l’université (UFR Humanités et DUNE – Direction des usages du numérique) a été retenu. Sa réalisation a commencé et il sera livré fin 2016. Le projet − en sciences du langage, mais ouvrant vers d’autres disciplines − va tenter de répondre à des questions grand public comme « Pourquoi les humains parlent-ils ? » ou « Combien y a-t-il de mots dans une langue ? ». Il se basera essentiellement sur des vidéos.

Formation continue

Le développement de l’offre se poursuit. Cette année, la FCEP a travaillé avec des enseignant-e-s-chercheur-e-s pour lancer quatre nouveaux stages de formation continue. Il s’agit de « Traduire à l’ère des nouvelles technologies », d’un autre sur l’entretien d’explicitation (une technique utilisée en ressources humaines pour faire exprimer à quelqu’un son expérience professionnelle, de façon à en identifier les savoirs implicites), un sur la traduction en langue des signes française, et enfin un diplôme inter-universitaire sur la douleur (en partenariat avec les universités de Bourgogne et de Bretagne occidentale). L’université envisage de renforcer les capacités d’accueil de la FCEP pour permettre l’instruction d’un nombre plus important de projets de formation.

Actuellement quatre langues sont certifiées (éligibles au compte personnel de formation) : anglais, allemand, espagnol, néerlandais. La formation en chinois a fermé du fait du nombre important d’abandons par les stagiaires, qui se rendaient compte après coup de la difficulté que représentait l’apprentissage de cette langue. Aujourd’hui, 300 stagiaires en formation continue sont présent-e-s dans une cinquantaine de mentions de formation initiale.

Le diplôme universitaire Passerelle, financé par le Conseil régional, offre des remises à niveau dans divers domaines (expression écrite, orale, langues, histoire contemporaine, droit, économie…). Ce dispositif est peu connu. Jusqu’ici, la communication ciblait les titulaires de bacs professionnels et technologiques. Afin de relancer ce dispositif, il devient important de s’appuyer sur Pôle Emploi et les missions locales pour l’emploi.

L’année dernière, un gros travail avait été réalisé pour traduire en compétences professionnelles l’ensemble des diplômes délivrés par l’établissement (fiches RNCP). Pour l’instant, la validation des fiches par le Ministère se fait attendre (le problème touche la plupart des établissements d’enseignement supérieur). Or c’est une étape qui est aujourd’hui requise pour être éligible au compte personnel de formation (qui a succédé au droit individuel à la formation), mécanisme par lequel les salarié-e-s peuvent bénéficier de la formation continue.

La création de l’Université de Lille fera de celle-ci le plus gros support de formation continue universitaire au niveau national. Ce classement est cependant basé sur le chiffre d’affaires, et non sur le bénéfice (qui reste en général faible dans l’ensemble des universités en raison de l’importante ingénierie pédagogique à mettre en œuvre).

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