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Le numérique à l’appui des langues

En facilitant l’autonomie des étudiants, le numérique renouvelle l’apprentissage des langues. Une rencontre à l’Université de Lille Sciences humaines et sociales a fait le point sur plusieurs initiatives.

Il est loin le temps où des enseignants solitaires mettaient au point des ressources pédagogiques excellentes, mais qui ne dépassaient pas le premier cercle de leurs collègues. Aujourd’hui, les ressources pédagogiques disponibles sous formes numérique se multiplient, tandis que se créent des outils pour en produire d’autres. Dans notre université, plusieurs dispositifs numériques dédiés à l’apprentissage des langues ont été mis en place, en partenariat avec la direction des usages du numérique (DUNE). Les faire connaître aux enseignants des autres établissements était l’objectif d’une demi-journée, le 11 décembre dernier.

Une assistance venue de nombreuses universités
Une assistance venue de nombreuses universités

Lors de cette rencontre, les enseignants d’autres universités de la région ont eu l’occasion d’échanger sur leur pratique des langues et du numérique, mais aussi de réfléchir à la manière d’utiliser et d’intégrer ces ressources pédagogiques numériques dans le cadre des cours. Le but était également de faire connaitre la DUNE qui s’est chargée de la conception de ces outils et de l’accompagnement des équipes enseignantes.

Des modules pour apprendre le français

Un module numérique illustre bien cette évolution. Il s’agit d’ActuFLE, consacré à l’apprentissage du français par les non-francophones (le FLE, français langue étrangère). Le projet a débuté il y a une vingtaine d’années, comme l’a raconté Martine Eisenbeis, enseignante à l’université, lorsqu’elle toqua à la porte de l’ancêtre de la DUNE, « des questionnaires papiers à la main. » Elle distribuait ces derniers à ses étudiants pour évaluer leur compréhension de vidéos qu’elle leur projetait en cours. « L’idée était de rassembler ces documents que l’on crée tout le temps, et de les fournir aux apprenants pour qu’ils puissent travailler seuls » : visionner les vidéos en prenant des notes, hors du temps de cours que l’enseignant-e peut désormais consacrer à la pratique orale de la langue.

Martine Eisenbeis
Martine Eisenbeis

Aujourd’hui, les CD-ROM produits en 2000 ont laissé place à des modules numériques sur la plate-forme utilisée à l’université, Moodle. L’équipe lui a ajouté des fonctionnalités (possibilité de revisionner par extraits. ajout d’une aide lexicale expliquant des concepts utilisés dans les vidéos, etc.)

Le projet est désormais accessible à tous. Il est en ligne sur un portail qui offre en libre accès des contenus pédagogiques validés scientifiquement, pédagogiquement et techniquement en sciences humaines, celui de l’Université ouverte des humanités (UOH). L’UOH avait en effet fourni un financement pour mettre à jour le projet, rafraîchir le graphisme et ajouter la possibilité pour l’étudiant de s’auto-évaluer (il estime l’exactitude de sa réponse : à peu près bonne, fausse, etc.)

Construire soi-même son cours

Jean-Yves Schonseck
Jean-Yves Schonseck

L’expérience n’avait pas de raison de se restreindre au français langue étrangère. Dans d’autres disciplines, les enseignants ont commencé à utiliser un outil appelé Légolang. Il permet de créer des modules d’autoformation en ligne, avec lesquels les étudiants peuvent travailler leur compréhension orale. Jean-Yves Schonseck, responsable production multimédia de la DUNE explique « Plutôt que de refaire plusieurs fois la même chose, on a voulu fournir un outil à l’enseignant pour qu’il puisse créer lui-même son module. Et travailler de chez lui s’il le souhaite » Legolang offre ainsi une interface qui permet à un enseignant de construire aisément leurs modules selon différents scénarios, à l’aide de différents. Cet outil continue d’évoluer en fonction des demandes des enseignants.

L’enseignant peut ajouter un extrait vidéo pour la question et/ou la réponse, il peut forcer son visionnage. L’étudiant s’auto-corrige, et peut afficher la synthèse de ses résultats.Les cours peuvent avoir différentes pages, comporter des caractères cyrilliques, de la langue des signes, etc. À terme, Légolang a vocation à être diffusé au-delà de l’Université de Lille Sciences humaines et sociales. Il peut être installé sur d’autres plate-formes que Moodle.

Diffuser les cours à tous

Annick Rivens Mompean
Annick Rivens Mompean

Un autre module conçu en partie à l’Université de Lille Sciences humaines et sociales et désormais disponible pour tous. Il a pour but de préparer le certificat de compétences en langues de l’enseignement supérieur (CLES). Ce module, Certif’langue (voir ce billet du blog présidence) est hébergé sur le portail de l’UOH. La directrice du centre de ressources en langues, Annick Rivens Mompean, qui présentait le projet, a souligné le développement du portail qui compte désormais près de 1300 ressources, dans la plupart des domaines des lettres, langues, arts, et sciences humaines et sociales. L’obligation de nouer des partenariats pour répondre aux appels à projet a en général tendance à dynamiser les projets, tout en leur donnant plus de chance d’être pérennisés. Leur mise au point implique néanmoins, a rappelé A. Rivens Monpean, de résoudre certaines difficultés. Par exemple, la mise à disposition de vidéos ou de textes posent des problèmes de droit d’auteur différents selon le pays d’origine. Le soutien des services juridiques des universités peut alors se révéler précieux.

Des projets qui réunissent plusieurs universités

La pérennité des projets est grandement facilitée si plusieurs universités collaborent. C’est le cas du projet COOPLANG . Au départ développé à l’université Lyon 2 pour la seule langue de Shakespeare, le projet s’est étendu. Il est aujourd’hui décliné en cinq langues : en anglais, en espagnol, en allemand, en italien et en français (langue étrangère). Beaucoup d’universités sont impliquées comme Lyon 2, Strasbourg pour l’allemand, et l’Université de Lille Sciences humaines et sociales pour le français langue étrangère (FLE). La montée en puissance du projet − tout comme sa mise à jour fréquente, afin que les questions évoquées restent actuelles, et son adaptation pour les écrans des téléphones portables − a pu se faire notamment grâce à un financement de l’agence nationale de la recherche (le programme IDEFI Innovalangues, lancé en 2012, qui a pour but l’innovation dans l’apprentissage et l’enseignement des langues).

Nicky Macré
Nicky Macré

Chaque déclinaison du site est adaptée à la culture du pays. Nicky Macré, maître de conférences à l’Université de Lille Sciences humaines et sociales, a présenté la version anglaise. L’objectif est de rédiger une note de synthèse sur un projet ministériel. L’étudiant choisit le ministre avec lequel il souhaite travailler (recherche, industrie, santé, culture et éducation, économie − un éventail assez large pour couvrir une grande partie des intérêts des étudiants). L’étudiant visionne un reportage de la BBC qui donne le contexte général, suivi d’un entretien entre un journaliste et un expert qui porte sur tout ce qui est factuel, pour finir par une conversation dans un pub entre des citoyens, qui permet d’envisager la question sous un jour plus affectif et émotionnel.

Ana Castelo
Ana Castelo

Une fois achevée, l’étudiant peut envoyer sa note à l’enseignant. Ana Castelo a présenté quant à elle la version espagnole, qui vise à rédiger un article d’opinion. Elle demande aux étudiants d’apporter en cours leur production, qu’ils évaluent alors en groupe. Pour les modules numériques qui réclament des productions orales, elle suggère aux étudiants de s’enregistrer avec leur téléphone portable.

Si vous souhaitez des compléments d’information, vous pouvez contacter la DUNE qui a pour mission le développement et la coordination des actions visant à renforcer l’usage des technologies numériques au sein de l’université et plus particulièrement Jean-Yves Schonseck (jean-yves.schonseck@univ-lille3.fr) et/ou Jennifer Poullier (jennifer.poullier@univ-lille3.fr)

Cette rencontre a été animée par plusieurs enseignant-e-s :

  • Annick Rivens Monpean, Professeure des Universités en didactique de l’anglais, Directrice du CRL et coordinatrice scientifique du dispositif Certif’langues,
  • Martine Eisenbeis, enseignante de FLE, spécialisée en didactique du FLE et multimédia et auteure du dispositif Actufle et Cooplang pour la version FLE,
  • Nicky Macré, Maître de conférences en anglais à Lille 3, qui a coordonné précédemment à l’Université Lyon 2 un dispositif d’autoformation en anglais en lien avec Cooplang et
  • Ana Castelo, enseignante d’espagnol qui a collaboré à la création du contenu en espagnol pour le dispositif Cooplang.
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