L’université dans le territoire [2013-14]

(chapitre du rapport d’activité 2013-14)

COMUE

Le Ministère de l’Education, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a souhaité que les établissements d’enseignement supérieur s’organisent dans un espace où coordonner leur politique de recherche, de formation ou de vie étudiante. Ces structures s’appellent communautés d’universités et établissements (COMUE).

Les statuts de la COMUE Lille Nord de France prévoient que celle-ci compte 11 membres : les 6 universités de la région qui portent l’ensemble des missions de la Comue (Lille 1, Lille 2, Lille 3, engagées dans le processus de création de l’université de Lille par fusion, l’université d’Artois, l’université du Littoral Côte d’Opale, l’université de Valenciennes-Hainaut-Cambrésis), deux écoles (l’École centrale de Lille et l’École des Mines de Douai), la Fédération universitaire polytechnique de Lille et deux organismes de recherche (le CNRS et l’Inria).

Les statuts

Au cours de l’année 2014, Lille 3 et les autres établissements membres ont mis au point les statuts de la COMUE, qui définissent son fonctionnement et ses objectifs. La préparation de ces statuts a impliqué de manière très variable les différents établissements. La commission statuts de Lille 3 a été sollicitée pour faire des propositions, dont une grande partie (notamment sur une précision plus grande des compétences déléguées à la COMUE) ont été prises en compte. L’université Lille 3 a par ailleurs joué un rôle important dans l’adoption du suffrage direct pour l’élection des représentants des personnels des établissements membres et de leurs usagers, ainsi que les représentants des personnels et usagers propres à la Communauté d’universités et établissements.

En octobre-novembre 2014, tous les conseils d’administration des établissements membres ont adopté ces statuts. Le texte passera en décembre devant le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER). Si les statuts sont validés, le ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, publiera ensuite le décret définitif. Toute modification des statuts requerra l’approbation d’au moins les deux-tiers du Conseil des membres.

En 2015, les conseils de la COMUE seront constitués et le président sera élu.

Des compétences bien délimitées

La COMUE Lille Nord de France a en propre quatre domaines de compétences. L’ESPÉ (école interne de la COMUE) ; l’organisation du collège doctoral ; la SATT (en commun avec les régions de Picardie et Champagne) ; le pôle étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat (PEPITE), qui coordonne le diplôme et le statut d’étudiant-entrepreneur. La présidente de l’université Lille 3 assure le pilotage politique de cette mission entrepreneuriat au sein de la COMUE.

Pour le reste, la COMUE a pour rôle de faciliter la coordination entre les établissements de la région sur les opérations où une action concertée ajoute une véritable plus-value : notamment la coordination des démarches des établissements dans le cadre des grands schémas stratégiques (CPER, SRI-SI), les projets de recherche collaborative sur des thématiques définies avec les universités eurorégionales, la cartographie des formations (pour le détail, voir les statuts).   

Université de Lille

Le processus est désormais lancé et la fusion des trois universités est prévue au plus tard pour 2019. Quelle que soit l’issue de la candidature à l’Idex (voir plus bas), l’Université de Lille se fera, donnant au territoire métropolitain une université complète, capable de réaliser de manière ambitieuse ses missions de recherche et de formation pour tous ses étudiants. L’Université de Lille sera le résultat de cette fusion et de l’association de huit écoles : l’École centrale de Lille, l’École de chimie de Lille, l’Ecole nationale supérieure des arts et industries textiles (ENSAIT), Télécom Lille, l’École supérieure de journalisme (ESJ), l’Ecole nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille (ENSAPL), l’Institut d’études politiques de Lille, l’École des Mines de Douai.

La fusion ne bouleverse pas le maillage universitaire de la région, où l’enseignement supérieur se répartit sur 4 territoires ; elle est complémentaire du travail de coordination entre établissements qui se fait au sein de la COMUE.

Des enjeux majeurs

Il s’agit de faire de l’Université de Lille une des grandes universités de recherche françaises et de porter au plus haut degré d’exigence ses autres missions de service public : assurer une formation tout au long de la vie visant à une réussite optimale des étudiants ; être plus visible et attractive au niveau international ; améliorer aussi les qualité de vie et de travail des étudiants et des personnels.

À elle seule, l’université de Lille rassemblerait à ce jour 70 000 étudiants dont 13% d’étudiants internationaux (ces chiffres ne tiennent pas compte des effectifs des écoles), et 6300 personnels. Ses formations couvriront la quasi-totalité des disciplines universitaires. Elle réunira presque cent laboratoires de recherche. Elle comptera également sept équipements (Equipex) et cinq laboratoires d’excellence (Labex).

Le chantier est vaste, parce que toutes les missions de l’université sont concernées, avec tout ce que cela suppose comme travail de réorganisation et d’harmonisation. C’est pourquoi la présidence a jugé important d’informer tous les personnels du processus. Elle a ainsi organisé des assemblées générales dans toutes les UFR et à l’IUT en septembre-octobre 2014. Elle a également réuni le Conseil des étudiants pour la même raison en octobre. Vient également d’être recruté un chargé de communication interne pour donner à l’avenir de l’information régulièrement sur l’avancée du processus. Une page donnant accès à plusieurs documents est d’ores et déjà dédiée à ce dossier sur l’intranet. Elle sera étoffée à l’avenir.

Les avancées aujourd’hui

Les conseils d’administration des trois universités ont voté le principe de la fusion en février 2014 et une convention d’association en juin-juillet 2014.

L’identité Université de Lille a été lancée le 22 septembre 2014 lors d’une conférence de rentrée commune. Une conférence de presse commune a été organisée le même jour. Les trois universités parlent désormais d’une même voix. En septembre, elles ont ainsi adopté un même logo et une même charte graphique. La communication s’organise désormais en commun, selon la convention d’association (par exemple sur la préparation des événements-phares de l’année, comme le Salon de l’Étudiant).

Il a été prévu aussi par cette convention que les publications des trois universités portent la signature unique : Université de Lille (accompagnée bien évidemment de l’identifiant du laboratoire). Le nouveau contrat permettra d’organiser pour les laboratoires multi-tutelles une gestion unique, prise en charge pour les autres par un seul établissement, ce qui devrait faciliter considérablement la vie des laboratoires.

Des diplômes communs ont été proposés dans la nouvelle offre de formation (en ce qui concerne Lille 3, la licence « Sciences de l’éducation », avec Lille 1 ; la licence « Droit et histoire de l’art » et un master « Parcours de soin », avec Lille 2).

Un seul contrat d’établissement sera présenté au Ministère par les trois universités (soit un seul document pour les trois ; soit trois documents identiques).

Est prévu aussi (et inscrit dans le contrat de site envoyé au ministère par le président par intérim de la COMUE) un doctorat unique « Université de Lille ».

Les chefs de service des trois universités ont été réunis le 12 novembre 2014 pour organiser le lancement des groupes de travail opérationnels. Au plus tard en décembre devrait être produite une convention de partenariat avec les écoles, qui définira les compétences partagées et les actions communes.

Une fondation Université de Lille sera aussi créée en décembre et la première réunion du comité stratégique (voir ci-dessous) sera organisée en janvier.

 

Une démarche volontariste et concertée

Un projet de cette ambition et de cette ampleur requiert pour réussir que tous puissent se l’approprier et donc y participer. Cela passe par une organisation progressive de la démarche, basée sur une gouvernance claire et sur une avancée par projets, élaborés par des groupes de travail aussi nombreux que nécessaire. Cela demande aussi une communication régulière en interne sur les avancées du projet (voir ci-dessus).

La gouvernance

La convention d’association a défini les procédures de décisions (voir le texte en ligne) : les trois présidents définiront les orientations ; les premiers vice-présidents et directeurs généraux des services travailleront à leur mise en œuvre. Un comité stratégique émettra des avis sur les propositions qui seront faites et formulera des préconisations. Pour l’essentiel, ce comité de 45 membres est une émanation des conseils des trois universités  détails. Ce sont ces derniers, qui par leur vote, arrêteront la liste des compétences qui seront peu à peu exercées en commun. Pour chacune d’elles, une des trois universités sera chargée de mener à bien le processus. Le comité stratégique se réunira pour la première fois le 6 janvier 2015.

Des groupes de travail pour les différentes activités

Concrètement, la fusion va être mise en place grâce aux réunions régulières de groupes de travail. Ils représenteront les différentes missions et activités de l’université. Ces groupes sont constitués des professionnels de chacune de ces activités dans les trois universités − représentées à parts égales – et des étudiants sur les dossiers qui les concernent. Le processus a débuté en novembre, par la réunion de l’ensemble des chefs de services et le lancement des groupes de travail. Il faudra veiller à ce que la coordination soit effective, pour les missions qui concernent les services, entre la partie administrative et politique, pour éviter que stratégie et organisation se pensent en parallèle.

Idex

Le gouvernement précédent avait décidé de faire émerger en France une dizaine de grandes universités de recherche, comparables aux meilleures universités internationales, en y injectant d’importantes ressources dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir (PIA) : c’est l’appel à projet Initiatives d’excellence (Idex). Le gouvernement actuel a décidé de poursuivre cette entreprise en lançant un nouvel appel à candidature. A la différence de l’appel précédent, les universités peuvent être candidates à un projet d’Idex ou d’I-site (pour des universités qui ne prétendraient pas à une excellence « généraliste » mais remarquable sur une thématique, avec un partenariat fort avec les secteurs économiques).

L’Idex est un mode de financement, dans lequel l’État transfère un capital au lauréat. Ce dernier ne peut pas le dépenser, mais il en perçoit en revanche les intérêts. La dotation totale sera de 3,1 Mds d’euros, dont 2/3 consacrés aux Idex (et 1/3 au I-site). Le taux d’intérêt a été ramené à 2,5% (contre 3,41 pour le PIA 1), ce qui réduit sensiblement les dotations versées aux lauréats. Les enjeux financiers sont certes moins significatifs que lors du premier appel à projet, mais les enjeux symboliques et la place à défendre dans la cartographie des universités françaises sont très importants. Les trois universités lilloises, avec les organismes de recherche implantés dans la région (CNRS, Inria, Inserm) ont donc décidé de se porter candidates à ce concours déterminant pour l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche dans les dix prochaines années en présentant un projet d’Idex Université de Lille.  

Faire émerger un grand pôle d’enseignement et de recherche

Pour les universités, les enjeux vont bien au-delà des retombées financières. Enjeu d’attractivité bien sûr, mais aussi de visibilité, pour donner à nos étudiants la certitude que leur cursus sera parfaitement valorisé. C’est d’autant plus important pour une université comme Lille 3 qu’à formation égale, voire meilleure délivrée ici, les universités parisiennes restent considérées dans certaines disciplines comme le lieu où il faut être. Il est donc essentiel d’utiliser le levier de l’Idex pour renforcer notre dynamique. Pas seulement en recherche, mais aussi en formation. Car à la différence du premier appel à projet, celui-ci comporte un aspect formation, où il est demandé de mettre en avant les  innovations en matière de formation et d’accompagnement des étudiants.

Pour l’instant, quatre universités de la région parisienne (Paris Saclay ; Paris Sciences et Lettres ; Sorbonne université ; Sorbonne Paris Cité), et quatre hors Paris (Aix-Marseille ; Bordeaux ; Toulouse ; Strasbourg) ont obtenu une Idex. Ces dernières avaient toutes la particularité d’avoir fusionné ou d’être en passe de l’être. Certaines avaient un dossier similaire, voire moins bon sur certains aspects que celui des universités lilloises.

Les universités lilloises ont en effet de solides atouts à faire valoir. En sciences humaines et sociales, en recherche médicale, en physique et en mathématiques, leur production scientifique se situe par exemple dans le peloton de tête des universités françaises. Le travail qui est en train de se faire sur nos forces et nos faiblesses permet de le vérifier très clairement.

Un contexte plus favorable

Les raisons qui ont fait que les deux premières candidatures du pôle lillois n’ont pas été retenues sont aujourd’hui bien connues. La première fois, l’Idex avait pour objectif la constitution d’une université régionale. Mais il était manifeste que les intérêts étaient trop divergents pour que la gouvernance soit crédible. En conséquence, la seconde fois, les universités lilloises ont décidé de faire cavalier seul. Cette décision n’a pas été préparée : les autres universités ne l’ont pas comprise, et les collectivités locales les ont suivies. Le manque de soutien a très certainement joué dans ce second échec. Dans les deux cas, la communication en interne a été défaillante.

Aujourd’hui, la situation a changé. Les autres universités de la région ont été impliquées dans cette décision. Les collectivités locales (aussi bien régionales que métropolitaines) et les acteurs du monde socio-économique soutiennent la candidature. Les trois universités continuent de mobiliser tous les acteurs, y compris culturels. Les présidents et les représentants du CNRS, de l’Inserm et de l’Inria ont été invités à présenter leur projet d’Idex à Alain Fuchs, président du CNRS, au ministère (DGRI et DGESIP) et ils ont rencontré le directeur du programme « initiatives d’excellence » au Commissariat général à l’investissement.

L’assemblée générale organisée dans toutes les UFR et à l’IUT a fait un premier point sur ce dossier. Il est vrai qu’il est difficile d’avancer dans un dossier qui doit être abouti très rapidement (la date de dépôt est le 21 janvier 2015) et de donner une information régulière sur des éléments qui requièrent en outre, pour des raisons évidentes, un certain niveau de confidentialité. Un point sera fait à chaque CA. Il convient de souligner aussi que les laboratoires ont été associés à la préparation de ce dossier.

La candidature

La préparation

Un comité de pilotage politique − composé des trois présidents des universités lilloises et de représentants du CNRS (région et national), des directeurs de l’Inserm et de l’Inria − coordonne la stratégie d’ensemble et les actions des comités plus spécifiques, organisés sur la recherche, la formation et les relations internationales. Le comité recherche est piloté par Alain Cappy pour Lille 1,  Bart Staels pour Lille 2, Yann Coello pour Lille 3. Le comité formation est piloté par Jean-Marc Geib, professeur à Lille 1 et directeur de la section formation de l’AERES. Celui, plus transversal, des relations internationales est piloté par Richard Davis. Chaque comité associe des collègues de chaque université lilloise et des autres universités. Le travail a commencé dès juin 2014 et un cabinet de conseil a été recruté en septembre pour accompagner l’élaboration de la candidature. Une équipe opérationnelle a été mise en place en septembre, composée de collègues des trois universités, du CNRS, de l’Inserm, de l’Inria et du CHRU).

Le processus de sélection

La date limite de soumission du dossier est le 21 janvier 2015. Le processus de sélection se fait en deux phases : présélection en avril 2015 et remise des dossiers de sélection en septembre 2015, pour une sélection en janvier 2016.

Autres actions menées sur le territoire

L’université Lille 3 est représentée dans les groupes de travail mis en place par LMCU depuis 2014 pour élaborer son schéma métropolitain de l’enseignement supérieur et de la recherche (la présidente et la VP recherche sur la partie recherche ; la présidente et la VP Vie étudiante sur la partie Réussite et vie étudiantes).

La présidente fait partie aussi du conseil économique, social et environnemental régional (CESER) du Nord-Pas-de-Calais, en tant que membre nommé, représentant l’enseignement supérieur et la recherche. Au sein de celle-ci, elle participe à la commission Formation tout au long de la vie et au groupe chargé d’un travail préparatoire sur l’entrepreneuriat.

Elle est aussi vice-présidente du Pôle industrie du commerce (PICOM), où elle succède, à sa demande, au président de Lille 1. L’un des objectifs importants est d’améliorer les liens de ce pôle avec les laboratoires de la région.

Sigles

CPER : contrat de plan état-région

ESPÉ : Écoles supérieures du professorat et de l’éducation
IUFM : Instituts universitaires de formation des maîtres
FUPL : Fédération Universitaire Polytechnique de Lille.
ITR : Institut pour la transition énergétique
ITE : Institut de recherche technologique
SATT: Société d’accélération de transfert de technologie

SRI-SI : stratégie recherche innovation spécialisations intelligentes

VP : vice-président-e


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